vendredi, 27 avril 2007

Au secours, ils sont devenus fous !

Le "sketch" du débat figurera sans doute dans les annales de la politique française...Depuis quelques jours, cette histoire obère complètement le véritable débat qui doit avoir lieu entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, entre deux projets de société pour la France et les français...François Bayrou, dont on peut comprendre la déception de ne pas avoir été qualifié pour le 2ème tour, essaye d'imposer cette idée, tout comme Ségolène Royal, qui a bien compris que sa seule chance d'être élue réside dans le réservoir de voix de l'UDF.

Ce matin, vendredi 27 avril, la candidate socialiste a d'ailleurs dénoncé "les méthodes d'un autre âge" qui l'auraient empêché de tenir un débat avec F. Bayrou, d'abord avec la presse quotidienne régionale (PQR), puis sur les plateaux de Canal +. Derrière elle, Jack Lang (qui a accusé l'équipe de Nicolas Sarkozy d'avoir "saboté" le débat), Vincent Peillon ("Il ya eu, nous le savons par des sources diverses, des pressions, des menances, des interventions politiques") et Jean-Marc Ayrault ("Il y a eu une censure sarkozienne dans cette affaire, j'en suis profondément convaincu") sont montés au front pour accréditer l'idée de pressions de la part de Nicolas Sarkozy...

Mais, ces "méthodes d'un autre âge", où sont-elles ? Chez Nicolas Sarkozy, dont on sait maintenant qu'il n'a exercé aucune pression sur la PQR (cf. les déclarations de Jacques Camus, un des responsables du syndicat de la PQR, qui a démenti formellement jeudi sur LCI la "moindre pression de la part de l'entourage de Nicoals sarkozy") ni sur Canal + (cf. cette fois, les déclarations de ce jour sur RTL de Rodolphe Belmer, Directeur général de Canal + qui a récusé "formellement toute pression". "Canal + est une chaîne totalement indépendante, on le prouve tous les jours") ? Ou chez Ségolène Royal qui essaye de gagner à tout prix en dégainant, à défaut de se battre sur son programme, la thématique du complot ? Est-ce la démocratie qu'elle nous propose celle où ses partisans affirment qu'ils n'ont pas de preuves (et pour cause) de ce qu'ils avancent, mais qu'ils ont, à défaut, une ferme conviction ? Ca ressemble plutôt très franchement à l'arbitraire !

Derrière tout cela, qu'y-a-t-il ? Tout simplement une stratégie de la victimisation à outrance, face à un candidat de la droite qui tient bon le choc des idées...Ce serait tellement plus simple pour Ségolène Royal, d'apparaître comme le recours face à un candidat qui serait le tenant de la droite dure et méchante, et l'allié "de très grandes puissances médiatiques et financières" (là, c'est du Bayrou dans le texte ! Déclaration vendredi sur RTL)...

Et puis, au-delà, comment cacher que cette stratégie s'accompagne d'un large ratissage, non pas en essayant de convaincre par le projet des électeurs hésitants, mais en appelant directement les états-majors de partis ! On apprend ainsi que, tout en essayant de convaincre F.Bayrou, Ségolène Royal a appelé lundi dernier Olivier Besancenot pour lui proposer de participer à "des réunions publiques et à une commission pour enrichir son programme de certaines propositions" de la LCR ! Que peuvent en penser les électeurs ? Où est la clarté, où est la cohérence,  où est le programme ? Bref, c'est le grand écart permanent...

La majorité des députés UDF, d'ailleurs, ne s'y est pas trompée: au moins 15 d'entre eux, sur les 29  que compte le groupe UDF à l'assemblée, voteront Nicolas Sarkozy au 2ème tour. Dernier rallié en date, Maurice Leroy, député UDF du Loir-et-Cher, qui figurait dans l'équipe de campagne de F.Bayrou. Il a indiqué aujourd'hui qu'il voterait "en conscience pour Nicolas Sarkozy" et a dénoncé un "appareil socialiste qui ne change pas", dégouté sans doute par les appels du pied à Laguiller et à Besancenot. Bref, il propose de laisser les socialistes "à leurs vieux mythes, leur idéologie dépassée et leurs éléphants".

Ségolène Royal et François Bayrou risquent de se retrouver bien seuls à débattre samedi si toutefois ils arrivent à se mettre d'accord sur l'organisation technique et pratique de leur fameuse rencontre !

mercredi, 25 avril 2007

Pour les électeurs de F. Bayrou: l'heure du choix !

Pour toutes celles et ceux qui ont voté pour François Bayrou, c'est maintenant l'heure du choix ! Un choix binaire, entre Nicolas Sarkozy d'un côté et Ségolène Royal de l'autre...et surtout pas un choix entre le diable en personne, comme le dépeignent certains médias (cf. Libération et les jolies caricatures de Plantu en 1ère page du Monde ) et la madonne blanche !

Il faut surtout que les électeurs de l'UDF se posent quelques questions toutes simples :

  • Sur l'Europe, à laquelle les électeurs de l'UDF sont si profondément attachés: à qui veulent-ils faire confiance ? A Nicolas Sarkozy qui souhaite relancer tout de suite la construction européenne ? Ou bien à Ségolène Royal, qui rassemble autour d'elle les plus grands supporters du NON au référundum sur l'Europe: Laurent Fabius, Jean-Pierre Chevènement, Arnaud Montebourg ?
  • Sur les finances publiques, sujet dont François Bayrou n'a cessé de parler durant toute  la campagne: qui préfèrent-ils ? Nicolas Sarkozy ? Ou Ségolène Royal, qui n'a jamais parlé de réduire les déficits et qui multiplie dans son projet les emplois publics et les promesses coûteuses, au risque d'alourdir encore la dette ?
  • Sur la sécurité: quel choix font-ils ? Celui de Nicolas Sarkozy qui a engagé une véritable reconquète des "territoires perdus de la République" ? Ou Ségolène Royal, qui n'a rien proposé sur le sujet, et s'est contentée de quelques incantations sur l'ordre juste ?

Sur ces quelques sujets, comme sur bien d'autres, je suis persuadé que beaucoup rejoindront Nicolas Sarkozy...Ce qui nous rassemble est bien plus fort que ce qui nous sépare !

mardi, 13 mars 2007

François Bayrou et la majorité introuvable

Dans la "check-list" du Monde.fr d'aujourd'hui, on trouve cette courte planche, qui résume bien, à mon sens, la stratégie de François Bayrou... D'ailleurs, si on ne peut qu'éprouver de la sympathie pour l'homme, on ne comprend pas très bien avec qui il gouvernera s'il était élu.

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La gauche ? Strauss-Khan a rejeté l'idée d'être son Premier ministre, quant à Fabius, il a tout aussi clairement rejeté l'idée d'un Gouvernement avec le président de l'UDF, que ce soit PS-UDF ou UDF-PS. Ce serait pour l'ex-premier ministre socialiste, "une erreur majeure, stratégiquement et tactiquement", comme il l'a affirmé au micro de Radio J dimanchge 11 mars.

La droite ? On cherche encore les candidats... Faut-il rappeler que Simone Veil, centriste historique, s'est ralliée à Nicolas Sarkozy, tant elle estime que les valeurs qu'il porte sont également les siennes ? Quant à Jean-Louis Borloo, même s'il n'a pas encore annoncé son entrée en campagne aux côtés de Nicolas Sarkozy, il ne fait guère de doute qu'il le soutiendra.

François Bayrou, c'est un peu le candidat de la majorité introuvable. Je ne suis pas sûr que c'est comme ça que la France souhaiterait être gouvernée, dans l'incertitude permanente et dans le grand jeu des alliances improbables et périodiques entre ceux que tout opppose, à commencer par leur conception de la société.